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Commerce intermaghrébin : que de barrières !

des facteurs structurants pour un marché dynamique, selon cette étude, mais, note-t-on, le commerce entre pays nord-africains reste encore très en deçà de son potentiel.

Le commerce intra-Afrique du Nord reste encore marginal et la sous-région continue d’être globalement mal classée par les analystes, estime la Commission économique de l’Afrique au sein du bureau des Nations unies, spécialisée de l’Afrique du Nord (Uneca), dans son rapport sur “le transport international et la facilitation du commerce en Afrique du Nord”.
Dans cette étude, le bureau pour l’Afrique du Nord de la CEA analyse les politiques, cadres réglementaires, infrastructures de transport et de commerce de la sous-région. Il propose, également, des réformes et mesures pratiques pour la facilitation du transport, du transit, du contrôle et du dédouanement de marchandises entre les principales frontières terrestres de la sous-région (Algérie, Libye, Égypte, Maroc, Mauritanie, Soudan, Tunisie). L’étude estime que la région dispose de la plupart des facteurs structurants pour un marché dynamique : continuité de l’espace physique, revenu moyen par habitant, niveau appréciable des infrastructures, affinités culturelles et linguistiques. Cependant, constate le rapport, en dépit de ces atouts, le commerce entre pays nord-africains reste encore très en deçà de son potentiel. Les échanges intrarégionaux ont certes doublé entre 2007 et 2013, passant en valeur absolue de 4,8 milliards de dollars à près de 10 milliards.
“Cette performance reste cependant très relative, le commerce intrazone n’ayant représenté que 4,8% du total des exportations des pays membres. Ce taux, qui est très en deçà de la moyenne continentale (12%), dénote le caractère encore marginal du commerce intra-Afrique du Nord”, estime-t-on. Plus de deux décennies après la signature du traité de Marrakech, la zone de libre-échange de l’UMA en est encore au stade de projet et le marché intramaghrébin reste pour l’instant l’un des moins dynamiques au monde, avec un commerce intracommunautaire oscillant autour de 3% des importations totales des pays membres. Cette situation est notamment due à la persistance des barrières tarifaires et non tarifaires au commerce, à l’importance des coûts connexes dus au déficit d’intégration des économies et aux défaillances des cadres réglementaires nationaux. L’Uneca indique que les pays d’Afrique du Nord se sont engagés, à des degrés et rythmes divers, dans des politiques et programmes de facilitation du commerce, en particulier depuis le milieu de la décennie 1990.
En Algérie, par exemple, d’importants investissements ont été mobilisés au cours des deux dernières décennies pour la réalisation d’infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires. Les quelques avancées n’ont toutefois pas suffi à inverser sensiblement les grandes tendances observées pour l’ensemble de la sous-région.

Algérie : des investissements considérables pour le développement des réseaux d’infrastructures
En matière de facilitation du commerce, “à un niveau moindre, comparativement à la Tunisie et au Maroc”, les réformes mises en œuvre en Algérie ont porté essentiellement sur l’amélioration des systèmes d’information douaniers et non douaniers et la modernisation de la gestion des ports, relève le rapport. “De manière générale, la plupart de ces réformes demeurent inachevées ou tardent à se concrétiser sur le terrain”, souligne-t-on.
Le document évoque les investissements considérables pour le développement des réseaux d’infrastructures en Algérie. L’état des infrastructures liées au transport dans les pays de l’UMA fait apparaître une diversité de situations, tant pour les infrastructures portuaires, ferroviaires, que pour celles des postes frontières terrestres. Le transport routier reste le mode le plus usité pour le transport de marchandises entre les pays maghrébins et pour le transit des produits agroalimentaires. Le transport international par voie maritime est rarement utilisé lors des échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Algérie, ou entre le Maroc et la Mauritanie. L’Uneca souligne les limites des infrastructures liées au commerce entre l’Algérie, la Tunisie. Globalement, “les services logistiques offerts aux différents points de passage (Tunisie-Algérie, Tunisie-Libye, Maroc-Mauritanie) sont d’un niveau qui peut être qualifié de médiocre”. Pour le transport par voie terrestre comme par voie maritime, les infrastructures logistiques existantes souffrent de plusieurs insuffisances.

Commerce extérieur : délais très longs en Algérie
En matière de formalités administratives et prestations de services aux frontières, des efforts appréciables ont été réalisés aux fins de simplification, avec quelques résultats tangibles au Maroc et en Tunisie.
Pour les autres pays de la sous-région couverts par la mission de collecte de données (Algérie, Mauritanie, Libye), les informations et données recueillies aux frontières laissent encore apparaître d’importantes marges d’amélioration tant pour l’assouplissement des procédures que pour les délais requis.
S’appuyant sur le rapport Doing Business 2014 de la Banque mondiale, l’Uneca indique que le nombre total de documents exigés pour l’importation de marchandises s’élève à 6 en Tunisie, 7 au Maroc ainsi qu’au Soudan, et 8 en Mauritanie ; ce nombre peut atteindre 9, respectivement en Libye et en Algérie, et 10 en Égypte. L’étude de l’Uneca note que le délai nécessaire à l’exportation est de 11 jours au Maroc, 12 jours en Égypte et 13 jours en Tunisie. Il est un peu plus long en Algérie puisqu’il est de 17 jours, et reste très long en Libye avec 23 jours, 31 jours en Mauritanie et 32 jours au Soudan.
Ces délais se situent dans la moyenne de la région Mena (20 jours), mais dépassent largement, pour la plupart des pays d’Afrique du Nord, la moyenne de l’OCDE (11 jours).
À l’importation, le délai nécessaire en Égypte est le plus court, soit
15 jours, suivi du Maroc avec 16 jours et de la Tunisie avec 17 jours. Ce délai est le plus long au Soudan avec 46 jours, 38 jours en Mauritanie, 37 jours en Libye et 27 jours en Algérie ; ce qui est largement supérieur à la moyenne des pays de la région Mena qui est de l’ordre de 24 jours et des pays de l’OCDE où ce délai ne dépasse pas 10 jours. La déclinaison de ces délais par type d’opérations montre que pour les exportations, l’étape de préparation des documents est la plus consommatrice de temps. Au Maroc, cette étape mobilise plus de la moitié du temps nécessaire à l’accomplissement de toutes les formalités d’exportation, soit 6 jours sur 11. Elle est estimée à 7 jours en Égypte, 8 jours aussi bien en Tunisie qu’en Algérie, 16 jours en Libye, 18 jours au Soudan et 21 jours en Mauritanie. L’étape “dédouanement et inspection technique” nécessite 4 jours en Algérie, alors qu’au Maroc et en Tunisie le délai n’est que d’une journée.
À l’importation, l’étape de préparation des documents recouvre 10 jours sur 16 au Maroc.
En Algérie aussi cette étape prend 10 jours mais sur 27 jours. L’Égypte, le Maroc et la Tunisie possèdent les coûts d’un chargement standard les moins élevés dans la région Afrique du Nord, inférieurs même aux moyennes de la région Mena et de l’OCDE. À l’exportation, ce coût est de 595 dollars par conteneur au Maroc. Il est estimé à 1 270 dollars en Algérie.


M.R.

Commerce intermaghrébin : que de barrières !
Tag(s) : #Commerce

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