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Tunisie : L'état d’urgence décrété pour 30 jours, est-ce la bonne solution et quels effets sur l'économie?

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a annoncé, samedi en fin d’après-midi, l'instauration de l’état d’urgence sur tout le territoire tunisien pour une période de trente jours, précisant, à ce propos, que la Tunisie traverse, aujourd’hui, une situation difficile et exceptionnelle nécessitant des mesures exceptionnelles. Proclamé après plus d'une semaine de l’attentat terroriste de Sousse qui a coûté la vie à 38 touristes, la dite mesure n’a pas été du goût de maints économistes et partis politiques qui l’ont considérée comme une "atteinte à la Constitution et aux libertés publiques".

Lors d'une conférence de presse conjointe, ce lundi 6 juillet à Tunis, avec ses collègues des Affaires étrangères et du Tourisme en présence de plusieurs ambassadeurs, le ministre de l’Intérieur a tenu à préciser que le fait de décréter l'état d'urgence ne nuit pas aux libertés notamment le droit de manifester.

Dans une déclaration à Africanmanager, Walid Belhaj Amor, le président du Centre tunisien de veille et d’intelligence économique (CTVIE) a affirmé qu’on ne doit pas, aujourd’hui, parler de conditions de relance mais plutôt de sauvegarde, estimant que toutes les mesures mises en œuvre par le gouvernement pour protéger le pays et l’économie nationale du dérapage sont les bienvenues y compris l’état d’urgence.

Il a, en outre, indiqué que la protection du pays et la sauvegarde des institutions de l’Etat ne sont pas du ressort exclusif de l’Etat, appelant le secteur privé et plus particulièrement les chefs d’entreprises à s’impliquer dans ces mesures pour au moins protéger les outils de production et préserver l’emploi qu’ils offrent. « Le secteur privé doit être un acteur majeur dans la protection du pays et faire preuve de résilience dans ce contexte économique difficile », a-t-il dit.

Walid Belhaj Amor a tenu, en outre, à préciser que cette mesure exceptionnelle demeure aujourd’hui une nécessité voire une obligation pour rassurer les gens, lesquels ne seront rassurés qu’en présence d’un gouvernement qui dirige surtout que toutes les libertés sont aujourd’hui menacées.

Évoquant l’horrible attaque terroriste perpétrée vendredi 26 juin sur l’hôtel Impérial à Sousse, le président du CTVIE nous a indiqué que cela aura un impact direct et immédiat sur le secteur touristique et les activités connexes. Cela aura également un effet négatif sur les décisions d’investissement, lesquelles seront reportées à des échéances ultérieures ce qui tardera encore la relance pour plusieurs années.

Quant au mouvement Ennahdha, dans un communiqué, le parti a approuvé la décision de BCE de mettre en place l’état d’urgence, notamment à la lumière des menaces et opérations terroristes, ayant provoqué d’importants dégâts pour la sécurité du pays, sa stabilité et son économie, et qui requièrent un affrontement global.

C’est ainsi que le parti a appelé les citoyens à appuyer les institutions républicaines et les choix démocratiques, les exhortant à soutenir les unités militaires et sécuritaires dans cette guerre exceptionnelle.

Pour l’Alliance démocratique, le parti a considéré que l’état d’urgence, dans les circonstances actuelles, aura des répercussions négatives à plusieurs niveaux dont le volet économique puisque cela va impacter négativement l’investissement étranger, et même intérieur, et faire échouer la saison touristique

Décrété en cas de péril imminent sur le pays, l’état d’urgence prévoit plusieurs dispositions impliquant notamment des restrictions sur les libertés fondamentales comme la liberté de circulation ou de manifestation. Pour mémoire, il a été observé maintes fois en Tunisie: en 1978 lors de la grève de la centrale syndicale, en 1983 lors des émeutes du pain et au moment du soulèvement populaire du 14 janvier 2011 où il s’est étendu sur trois années et ne fut levé qu’en mars 2014.

Khadija Taboubi

Tunisie : L'état d’urgence décrété pour 30 jours, est-ce la bonne solution et quels effets sur l'économie?
Tag(s) : #Économie

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