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Tunisie/ Crise économique : Le patronat tire la sonnette d'alarme

"L’économie tunisienne passe par une période difficile. Plusieurs indicateurs sont négatifs, surtout dans le secteur de l’industrie", a lancé ce matin, le ministre des Finances, Slim Chaker, lors de la journée d’étude et de réflexion sur «La réalité de la situation économique en Tunisie et les pistes de croissance », organisée par l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA).

La production de phosphate, durant le premier trimestre de 2015, a été de 30% moins que les prévisions, et ce jusqu’à ce que la production de ce minerai soit complètement interrompue, récemment, à cause des grèves. Le tourisme connait également une crise et une baisse de recettes.

«Le seul indicateur positif, concerne les exportations, notamment avec une hausse de l’exportation d’huile d’olive, ce qui a permis d’atténuer le déficit commercial de près de 9%», a ajouté le ministre. Le but de cette journée est d’écouter les chefs d’entreprises, et de connaitre leurs attentes et besoins pour continuer à travailler de manière viable, a indiqué Chaker.

Tandis que les autorités promettent une enveloppe de 5800 millions de dinars d’investissements publics dans les régions, l’investissement privé demeure quasi inexistant. «S’il n’existe pas d’investissement privé national dans les régions intérieures, il n’y aura jamais d’investisseurs étrangers », a prévenu Slim Chaker. En effet, un investisseur étranger serait découragé d’investir là, où les entreprises locales refusent de prendre des risques.

Le ministre a rappelé que ses services planchaient sur trois grandes réformes ; celle des banques publiques, celle de la douane, et la réforme fiscale qui vise à améliorer les revenus fiscaux.

«Une PME en Tunisie a besoin de rapidité et d’efficacité de la part de l’administration et notamment des services de douane. Elle a besoin d’être compétitive, et de pouvoir financer ses investissements, et donc d’un système bancaire efficace, et enfin, pour encourager l’entreprise à investir, il faut une moindre pression fiscale, d’où la réforme fiscale», a expliqué le ministre, pour justifier ses choix.

Interrogé sur le taux de croissance, le ministre des Finances a répondu qu’il sera mis à jour à la fin du premier semestre, «quand la vue sera plus dégagée ». Pour l’instant, les autorités travaillent sur le taux de 3% de la loi de finance.

Slim Chaker revient sur la crise du groupe chimique qui a récemment suspendu ses activités. Il a expliqué que la Tunisie, grand exportateur de phosphate, a perdu ses clients qui se sont tournés vers d’autres marchés. Mouvements sociaux obligent.

«Sur les 4 dernières années, le manque à gagner a été estimé à 4000 millions de dinars, ce qui est beaucoup », a-t-il dit. La solution à cette crise lancinante, serait essentiellement sociale, selon le ministre. Il parle de développement inclusif « qui ne soit pas basé uniquement sur le phosphate, mais qui toucherait aussi plusieurs secteurs, y compris l’agriculture », a-t-il dit.

Il a déclaré que le gouvernement serait ouvert à des négociations, mais qu’il était tenu d’apporter des réponses convaincantes aux habitants de la région.

Bouchamaoui pointe l’inconscience générale quant aux difficultés
La Présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, a pour sa part déclaré que tous les indicateurs reflétaient une situation économique « très difficile », ajoutant que « le plus grave était l’inconscience générale quant à la taille des difficultés que traversent le pays ».

Elle a pointé du doigt l’instabilité sociale, les grèves et les mouvements sociaux qui touchent à des secteurs sensibles. « Cet état de fait a un impact négatif de taille sur l’activité économique, et présente une menace sur la paix sociale », a-t-elle dit.

La présidente du patronat a appelé à éviter les grèves, et « toutes les formes de surenchère dans les exigences, et tout ce qui est à même de faire porter aux entreprises des charges supplémentaires, et de porter un coup à leur compétitivité », a-t-elle dit.

Wided Bouchamaoui prône « l’apaisement social » et « la cohésion nationale », afin de surmonter les difficultés.

Mais aussi, elle a évoqué l’importance, de faire respecter la loi à tous, et à lutter contre la conte-bande et le commerce parallèle « qui ont atteint des niveaux inimaginables », selon elle.

« Ce climat n’encourage pas à l’investissement, et n’encourage pas les investisseurs étrangers à venir…il est nécessaire de trouver des solutions urgentes et sérieuses à tous ces problèmes, avant qu’il ne soit trop tard », a-t-elle conclu.

L’économie tunisienne souffre aussi de la variation d’un nombre de facteurs exogènes, tels que la hausse du cours des devises et la variation du prix du pétrole et des énergies combustibles.

Par ailleurs, la Tunisie possède une masse salariale dans le secteur public, qui dépasse de loin les normes. Cette masse revient à 11.5

Tunisie/ Crise économique : Le patronat tire la sonnette d'alarme
Tag(s) : #UTICA

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